En France, il est habituellement admis par tous les partis politiques, et réclamé par les étudiants, que les études universitaires soit gratuites, ou presque. Avec des frais d’inscription autour de 500 €, les universités ne financent qu’une infime partie du budget nécessaire à un étudiant, qui représente plusieurs milliers d’euros. Il en va de même pour un certain nombre de grandes écoles publiques, pour lesquelles les dépenses de l’Etat sont encore plus grandes, mais les frais pas d’avantage élevés. Pourtant, je vais ici tenter de vous démontrer qu’un système d’études supérieures non financées par l’Etat serait à la fois plus juste et plus efficace.
L’alternative la plus répandue à un financement par l’Etat est le financement direct par les étudiants, qui sont alors les clients de l’université ou de l’école. C’est le système « à l’américaine » où les universités font payer le coût réel des études (ou plus – pour financer leurs éventuelles recherches) aux étudiants. Cela représentant plusieurs milliers d’euros, les étudiants sont souvent obligés de souscrire à un prêt qu’ils remboursement lorsqu’ils travailleront. Vous pensez peut-être que c’est horrible pour ces pauvres étudiants de devoir rembourser un crédit. Mais dans le système français, où les universités françaises sont payées par l’Etat, croyez-vous qu’il n’y a personne qui paye les professeurs ? Ils sont bien évidemment financés par les impôts. Donc en France, quand les étudiants auront un travail, ils n’auront pas de crédits à rembourser mais auront des impôts bien plus élevés à payer.
Mais me direz-vous, ça revient au même finalement ? Non pas tout à fait. En effet, le système actuel est injuste pour un certain nombre de personnes. En effet, ceux qui ne font pas de longues études supérieures ne coûteront pas cher à l’Etat mais devront payer leurs impôts comme les autres. C’est aussi le cas de ceux qui choisissent de travailler rapidement et apprennent dans le cadre de leur entreprise, et de ceux qui apprendront par eux-mêmes. Enfin, tous les étudiants qui vont dans les écoles privées payantes auront eux aussi à payer des impôts pour financer les études presque gratuites d’autres étudiants, alors qu’ils auront eux-mêmes eu à payer leurs propres études. Au final, le système actuel consiste à faire payer les études longues dans les universités et les grandes écoles publiques par ceux qui font peu d’études supérieures, et ceux qui financent leurs études eux-mêmes. Il s’agit donc au final d’un système de vol des uns au profit des autres, qui n’est pas plus juste que ça. Si vous pensez naïvement que ceux qui font des études courtes auront un métier mal payé et donc paient peu d’impôts, vous vous trompez. D’une part, une grande partie des impôts touche les emplois modestes (TVA, taxes sur l’essence…), et d’autre part, beaucoup de gens arrivent à avoir au final en bon salaire même s’ils n’ont pas fait d’études supérieures.
Si, comme moi, vous avez déjà enseigné à l’université à des étudiants de première année, ou si vous êtes vous-même étudiant, vous aurez sans doute remarqué qu’un grand nombre d’étudiants ne sont pas motivés par leurs études. Beaucoup d’entre eux sont à la fac par défaut, parce qu’il n’y a pas de sélection à l’entrée, et parce que les frais d’inscription sont faibles (rien à voir avec les écoles privées). Le résultat est qu’environ un étudiant sur deux ne passe pas en deuxième année. Pourtant, occuper des étudiants qui s’ennuient coûte très cher, et ne leur rend pas forcément service. Au final, des étudiants qui vont perdre leur temps à rater des études supérieures « parce qu’il faut en faire » ne vont pas s’en sortir mieux que s’ils avaient commencé à travailler. Il y a aussi une certaine idée généralement partagée qu’il est impossible d’apprendre quoi que ce soit après avoir commencé à travailler, alors qu’il est tout à fait possible de continuer à se former par la suite. L’avantage de cette solution est d’ailleurs est que l’étudiant pourra avoir une expérience dans le métier (ou un métier proche) avant de continuer dans cette voie.
Aux Etats-Unis, le coût des études a poussé les universités à innover pour proposer des études moins chères. Une innovation technologie très à la mode est les « MOOC » (Massively Open Online Courses). Il s’agit de cours par Internet, où le cours est enregistré sous forme de vidéo, et où ensuite les étudiants travaillent ensemble pour progresser. Des devoirs sont néanmoins corrigés par des professeurs. Ces MOOC sont proposés soient par des universités classiques, soit par des sociétés privées qui en ont fait leur activité principale. Cette nouvelle façon d’étudier a un coût extrêmement réduit par rapport aux études traditionnelles. Cela marche bien aux Etats-Unis car les étudiants y voient un moyen de ne pas avoir de crédit à rembourser. C’est l’étudiant qui choisit entre les MOOC ou les études traditionnelles, et c’est lui qui paye au final, ce qui fait qu’il va pouvoir choisir entre les deux en assumant son choix, comme tout client qui choisit entre deux produits.
En France, les MOOC sont très peu développés, ce qui est assez logique quand on y réfléchit. En effet, leur avantage réside dans une réduction des coûts. Mais qui a intérêt à réduire les coûts ? Certainement pas les étudiants en fac, qui ne payent pas le coût des études. Les dirigeants des universités alors ? Rappelons-nous qu’en France, les universités sont gérées par des professeurs élus eux-mêmes par l’ensemble professeurs, chercheurs et personnels de l’université. A votre avis ceux-ci ont-ils intérêt à favoriser une forme d’enseignement qui permet de se passer d’un grand nombre d’entre eux ? C’est un peu comme si une entreprise était gérée par ses salariées, mais qu’on se rendait compte qu’il fallait en licencier un certain nombre. Les salariés ont alors le choix de faire un licenciement de masse tout en gardant l’entreprise en vie, ou alors de continuer ainsi mais de faire faillite. Cela explique sans doute pourquoi si peu d’entreprise fonctionnent selon ce mode.
Mais une université publique ne peut pas faire faillite ! Pourquoi ? Parce que s’il y a des pertes et une mauvaise gestion, on trouvera toujours quelqu’un pour payer (vous qui payez des impôts !). Donc au final, tous les ingrédients sont là pour que rien ne change.
Ce que je vais énoncer ici est une banalité quand on parle d’entreprises, mais on n’y pense pas quand il s’agit d’universités ou de grandes écoles. Le fait que les universités soient payantes va favoriser la concurrence. Chacun va essayer de faire soit mieux que son concurrent pour le même prix, ou proposer la même chose pour moins cher.
Au passage, profitons-en pour tordre le coup à une autre idée reçue. On entend souvent les syndicats étudiants avoir peur d’une plus grande concurrence entre universités. Leur cheval de bataille est la défense des diplômes nationaux, identiques sur tout le territoire. Ils défendent cela, car ils veulent qu’une diplôme de licence (par exemple) soit reconnu par les entreprises comme aussi bon, qu’on vienne d’une grande université de Paris ou d’une petite université perdure à la campagne.
Dans la réalité, c’est très largement une illusion. L’étudiant écrit clairement sur son CV dans quelle université il a fait ses études, donc si une université a une mauvaise réputation, cela le desservira de toute façon.
Par contre, le système actuel a un véritable effet pervers. Une université n’a aucun intérêt à garantir la qualité de ses diplômes, c’est à dire à rendre le niveau suffisamment difficile pour que le diplôme certifie de vraies compétences. Si une université augmente le niveau de difficulté, elle ne décernera qu’une licence comme une autre, et ne pourra pas « vendre » l’image de marque de son diplôme (c’est censé être un diplôme normalisé par l’Etat). Par contre une université laxiste décernera aussi des licences, ce qui contribuera à décrédibiliser non seulement l’université en question (bien fait pour elle !) mais aussi les autres qui décernent un diplôme officiellement équivalent.
Il est d’ailleurs particulièrement intéressant de voir certains syndicats étudiants réclamer un assouplissement des règles pour obtenir le diplôme de licence (par exemple le droit de compenser un mauvais semestre par un bon semestre) alors que d’autres défendent le maintien de la qualité des diplômes, comme quoi certains ont compris le revers de la médaille.
La privatisation des universités et des grandes écoles, loin d’être un complot au service des riches, serait à la fois une solution plus efficace et plus juste qui entraînerait une meilleure gestion des universités. Cela montre que même dans le domaine de l’éducation supérieure, les principes économiques qui font du marché libre le meilleur système s’appliquent également. Espérons que les contribuables comprendront un jour que les universités et écoles sont la non pas pour garantir un poste aux professeurs, mais bien pour former les étudiants et leur permettre d’avoir un travail grâce à leurs compétences.
Aujourd’hui, seuls les frontaliers peuvent en bénéficier [1] (et le gouvernement veut supprimer cette liberté), ainsi que quelques indépendants courageux qui ont réussi à résilier la sécurité sociale [2], car la loi européenne nous donne théoriquement ce droit, que l’administration française fait tout pour ignorer [3].
Lorsqu’on aborde le sujet des assurances maladies privées, on entend souvent « Si les assurances étaient privées, elles feraient [insérer ici une chose horrible] ». Tout n’est pas forcément faux mais beaucoup de peurs sont des fantasmes. Prenons un exemple concret : la société Amariz propose différents contrats d’assurance maladie privée. Dans le contrat qu’ils proposent, le prix des cotisations dépend de l’état de santé et de l’âge à l’adhésion. Par contre, il n’augmente pas si votre état de santé se dégrade par la suite (ce n’est pas comme une assurance auto !), et n’augmente pas non plus avec votre âge. La peur de l’assurance qui « vous laisse tomber » en cas de grosse maladie est donc infondée.
La sécurité sociale française rembourse quand vous pourriez vous en passer, mais pas quand vous en avez besoin. Réfléchissons et rappelons-nous pourquoi les assurances existent. Pourquoi assurez-vous votre voiture et votre maison mais pas votre pantalon ni votre vaisselle ? Si vous cassez votre vaisselle, vous auriez à débourser une dizaine d’euros, ce à quoi vous pouvez faire face, même de manière imprévue. En revanche si vous cassez votre voiture, cela peut représenter une très grosse somme de manière imprévue. Mais en fait dans une assurance, les clients sont toujours perdants « en moyenne », puisque l’assurance doit au moins couvrir ses frais de fonctionnement, donc si vous étiez milliardaire, vous n’auriez pas intérêt à assurer votre voiture tout risques (à moins d’être un conducteur plus imprudent que la moyenne).
La conclusion est qu’une assurance n’est utile que pour des grosses dépenses imprévues. Que fait la sécurité sociale ? Si vous allez chez le médecin généraliste et que vous en avez pour 23 €, la sécu vous rembourse 15 €. Mais vous auriez certainement pu payer les 23 € vous-mêmes. Inversement, considérez le témoignage de cet ouvrier [4], qui en a pour 100 000 € d’hôpital, qui n’est remboursé qu’à environ 60%, soit 40 000 € à payer de sa poche ! Avec la sécu, pour éviter de vous retrouver dans la situation de cet ouvrier, il faut absolument avoir une mutuelle, au moins minimaliste pour les hospitalisations (comme celle-ci [5] par exemple). Maintenant réfléchissons, il serait bien plus malin d’avoir une assurance qui vous laisse éventuellement payer les 23 € du généraliste, mais vous paye les 100 000 € d’hôpital ! Et bien c’est exactement ce qu’Amariz propose. Comme le fait remarquer Laurent C. [4], Amariz aurait remboursé cet ouvrier à 100% ! En effet, le remboursement des 23 € du généraliste est au choix (contrat « or » vs « argent »), mais les hospitalisations sont 100% remboursées. Par honnêteté, précisons quand même que cette assurance a un plafond de remboursement, mais celui-ci s’élève à 700 000 € par an ! [6] [7] [8]
En réalité, Amariz propose plusieurs contrats. Prenons l’exemple du salarié avec un revenu moyen de notre article précédent, avec un revenu net d’environ 1700 € par mois, le coût total de la sécu est 430 €. Pour être remboursé à 100% du tarif conventionné, il faut ajouter une mutuelle qui coûte autour de 30 €.
Comparons au contrat Amariz équivalent, le contrat « or » [6], qui prend en charge 100 % du tarif de la sécu (donc qui rembourse comme la sécu + une « mutuelle 100% » [9] et même un peu plus en fait).
Solutions équivalentes pour un remboursement à 100% du tarif conventionné (j’ai arrondi toutes les sommes à 10 € près) :
– Sécu + mutuelle pour couverture à 100 % : 430 + 30 = 460 €
– Contrat Amariz Premier Euro OR pour un client de 25 ans : 240 €
– Contrat Amariz Premier Euro OR pour un client de 45 ans [10] : 350 €
Solutions moins chères (pour le client de 25 ans, sommes arrondies) :
– Sécu seule (choix dangereux, voir plus haut) : 430 €
– Amariz Premier Euro Argent (hospitalisation, consultations lors d’une hospitalisation, mais pas consultations autres) : 180 €
– Amariz Hospitalisation (hospitalisation seule) : 160 €
On voit clairement l’avantage de l’assurance privée. Dans les solutions moins chères, l’ouvrier dont nous parlions avait la solution « sécu seule », alors qu’il aurait été remboursé à 100% même avec la solution « argent » à 180€. Finalement, qui est-ce qui vous laisse tomber en cas de besoin ?
Comment les tarifs peuvent-ils être aussi avantageux par rapport à la sécurité sociale ? C’est simple, une grande partie des cotisations de la sécu servent à payer… son administration ! Elle ne cherche pas à être spécialement économe de ce point de vue là, alors qu’une assurance privée fait tout pour être la moins chère possible pour attirer ses clients (car eux, ils l’ont choisie !).
Faut-il rembourser les médicaments non génériques ? Faut-il rembourser les avortements ? La médecine douce ? L’homéopathie ? Beaucoup de ces questions suscitent des désaccords, car les différents individus ont un avis différent. On entend « l’homéopathie est inefficace, il ne faut pas la rembourser ! », « l’avortement est immoral, on me force à payer pour les filles qui se font avorter ! », « je ne crois pas à la médecine allopathique mais seule celle-ci est remboursée ! ». Avec une sécurité sociale obligatoire, les choix d’une majorité sont forcément imposés à une minorité (quand ce n’est pas l’inverse !), alors qu’avec un système d’assurances privés, chacun peut adhérer à une assurance conforme à ses valeurs (ou choisir un contrat parmi plusieurs choix proposés par une assurance).
On entend souvent les gens dire, à propos de la cigarette, l’alcool, la ceinture de sécurité, les sodas, que le gens doivent faire attention à leur propre santé car après ce sont les autres qui payent ! Autrement dit, votre santé ne regarde pas que vous, car c’est aux frais des autres ! Avec une assurance privée, fini ces raisonnements malsains, qui servent à justifier toutes les privations de liberté (taxes, interdictions, etc.). Je fume ? Ce sont les autres qui payent, s’ils le veulent. En effet, on peut très bien imaginer une assurance privée qui ne prenne pas en charge les conséquences du tabac, et qui sera moins chère. Personne ne vous oblige donc à payer pour les autres, et chacun est libre de ses choix.
Une question que vous vous posez peut-être aussi est : que se passe-t-il si quelqu’un naît avec une maladie génétique ? Il ne peut pas adhérer à l’assurance avant de tomber malade lui. C’est peut-être un défaut des contrats dont j’ai parlés. À vous de voir. Si la liberté de choisir son assurance maladie était vraiment garantie, beaucoup d’assurances apparaîtraient et certaines proposeraient de prendre en compte ces cas là. La solidarité est volontaire donc véritable. Quand on voit l’aventure de Laurent C. pour quitter la sécu, on voit le vrai visage de la « solidarité » de la sécurité sociale : tribunal administratif et huissier [11].
Avec le système actuel, si vous êtes salarié et que vous arrêtez de travailler, vous êtes soit rattachés à la sécu par vos allocations chômage, soit vous bénéficiez encore de la sécu, soit vous pouvez prétendre à la CMU, et peut-être à la CMU-C. Si vous reprenez le travail, et que votre nouvelle entreprise a une mutuelle obligatoire, vous devez résilier votre mutuelle, etc. Bref, tout ça est compliqué. Quand vous changez de travail ou arrêtez temporairement de travailler, personne ne vient vous embêter avec votre assurance auto ou habitation. Cela peut être aussi simple avec une assurance maladie privée.
Probablement la plupart des mutuelles actuelles. Les assurances et les banques se mettent toutes à proposer des mutuelles. Proposer une assurance maladie complète est le même genre de métier, et cela attirerait sans doute toutes ces entreprises de proposer une assurance maladie complète. Vous avez peut-être remarqué qu’Amariz est une entreprise anglaise, la raison est que pour des raisons légales, il n’est pas possible pour une entreprise française de proposer la même chose aujourd’hui. Mais si la liberté d’assurance maladie était garantie, des entreprises françaises pourraient vous proposer des contrats d’assurance maladie.
Avec la fin de l’obligation d’adhérer à la sécurité sociale, il n’y aurait plus de problème de travail au noir. Aujourd’hui il est très tentant de ne pas déclarer certains revenus, quand on voit ce qui est prélevé en cotisations. Bien sûr, cela nécessite de supprimer cette autre grande arnaque qui est l’obligation d’adhérer au système de retraite par répartition. Mais si on retire les deux obligations, alors le travail au noir n’a plus aucun intérêt (la sécu et la retraite représentent la quasi-totalité des prélèvements avant versement du salaire).
[1] http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-la-securite-sociale-appelle-les-francais-travaillant-en-suisse-a-la-solidarite-11310.asp?1=1
[2] http://jequittelasecu.blogspot.fr/
[3] http://www.contrepoints.org/2013/11/03/144231-le-monopole-de-la-securite-sociale-a-t-il-vraiment-saute
[4] http://www.contrepoints.org/2014/01/19/153735-je-quitte-la-secu-episode-24-jai-fait-le-job
[5] http://www.axa.fr/mutuelle-sante/modulango-hospi
[6] Contrat Amariz Premier Euro Or : http://www.amariz.fr/wp-content/uploads/2013/12/ASSURANCE-PREMIER-EURO-OR-GARANTIES-2014.pdf
[7] Contrat Amariz Premier Euro Argent : http://www.amariz.fr/wp-content/uploads/2013/12/ASSURANCE-PREMIER-EURO-ARGENT-GARANTIES-2014.pdf
[8] Contrat Amariz Premier Euro Hospitalisation : http://www.amariz.fr/wp-content/uploads/2013/12/ASSURANCE-HOSPITALISATION-GARANTIES-2014.pdf
[9] Exemple de « mutuelle 100% » : http://www.axa.fr/mutuelle-sante/complementaire-sante-modulango100
[10] http://www.contrepoints.org/2013/02/02/113399-exclusif-je-quitte-la-secu-episode-1
[11] http://www.contrepoints.org/2013/10/19/143208-je-quitte-la-secu-episode-19-huissier-round-4
Quand nous parlons de socialistes, nous faisons référence à ceux désignent comme tel mais aussi aux communistes, aux centristes, et de manière générale à tous ceux qui adhèrent à l’idée que l »État doit « redistribuer » les richesses.
Une stratégie particulièrement classique pour les socialistes consiste à nier la liberté des individus pour la supprimer. On vous dit, « regardez vous n’êtes pas vraiment libre » pour vous expliquer que finalement on peut donc bien vous retirer votre liberté puisque ce n’est qu’une illusion. C’est le principe du fameux slogan « la liberté c’est l’esclavage » dans le roman 1984 de George Orwell, où l’État totalitaire nie la réalité de la liberté (« c’est l’esclavage ») pour en fait éradiquer toute liberté.
Mais regardons quelques cas concrets :
Une stratégie particulièrement pernicieuse des socialistes consiste à nier l’existence de la propriété. Précisons d’abord que habituellement les socialistes ne se posent pas la question de la propriété, et préfèrent vous parler uniquement de solidarité, de justice sociale, de droit à un revenu/travail/logement, etc. Car la propriété est la question qui fâche. En effet quand on parle de donner des aides de toutes sortes, cela sous-entend qu’il faut commencer par prendre l’argent à quelqu’un, et donc commencer par violer sa propriété.
On essaye parfois de vous faire croire qu’après tout la propriété n’est qu’une convention arbitraire décidée par la société capitaliste, alors qu’il s’agit en fait d’un véritable droit fondamental de l’homme. Voir notre article sur les droits naturels.
On vous dit aussi parfois que ce que vous avez créé ou acheté grâce à votre travail ne vous appartient pas entièrement car vous avez certainement été aidé par « la société », « les autres » et bien sûr l’État. Vous avez reçu une éducation dans une école d’État donc tout ce que vous obtenez, vous le devez à l’État, car il vous a fourni une éducation gratuitement, des allocations familiales à vos parents, des routes, etc… Et comme il est impossible de faire les comptes pour savoir combien cela représente, et qu’il ne vous est pas possible de « rembourser l’État » une bonne fois pour toutes non plus, on considère que vous êtes créancier à vie envers l’État. Cette notion floue de la propriété leur permet de justifier le vol permanent des individus par l’État.
Après on peut dire qu’on n’est pas d’accord avec le système et qu’on ne veut pas bénéficier des aides de l’État. Mais vous ne pensiez tout de même pas vous en sortir à si bon compte ? La générosité de l’État, on ne la refuse pas. Et les 50% de vol sur votre salaire non plus (c’est un pack tout en 1). Non mais.
Bien sûr, l’argument classique pour justifier la « redistribution » (le vol) de l’argent des individus est la solidarité. Remarquez quand même que les gens qui vous parlent de redistribution des richesses parlent de partager le revenu des Français plus riches avec eux, mais certainement pas de partager le leur avec les 80% de Terriens plus pauvres qu’eux !
Il n’y a par ailleurs rien de vertueux à obéir à la menace de l’État pour partager son revenu (la victime d’un vol n’est pas solidaire), ni à utiliser la menace de l’État pour forcer les autres à partager leur revenu (un voleur n’est pas solidaire non plus).
Si les impôts étaient volontaires, on les appelleraient des dons, et toutes les personnes qui prônent ce système de solidarité devraient être les seules à les payer et à bénéficier des aides de l’État. Cependant, le socialisme est un système de vol perpétuel où seul le vol par la force a un sens, car si les impôts étaient volontaires, les classes moyennes et les riches ne les paieraient certainement pas, car ils pourraient bénéficier de ce qu’offre l’État mais en bien mieux (et sans avoir à voler personne, et ça c’est pas citoyen et solidaire du tout).
Les socialistes de toutes sortes se présentent souvent comme des gens généreux qui veulent donner à tous un logement, un travail, de la nourriture, une assurance santé, une retraite, des transports, de l’énergie… Les libertariens sont accusés d’être contre toutes ces choses. Pourtant, les libertariens ne s’opposent pas à ce que vous donniez votre argent pour aider à ce que les autres puissent avoir toutes ces choses. Par contre, ils s’opposent au fait que vous l’imposiez par la force en utilisant l’État, par exemple en votant pour un politicien qui promet de telles mesures. Un impôt cautionné par la majorité peut être le vol de 49% de la population au profit des 51 autres pour-cents.
[1] Sur le salaire minimum, quelques références à titre d’exemple (beaucoup existent) :
http://www.contrepoints.org/2013/09/15/139075-comment-salaire-minimum-rend-ees-emplois-loi
http://www.contrepoints.org/2011/06/02/27751-que-penser-du-salaire-minimum
http://www.contrepoints.org/2013/05/04/123439-salaire-minimum-pour-le-bien-des-travailleurs-en-finir-avec-le-smic
http://www.contrepoints.org/2013/12/23/150869-smic-etat-des-lieux-sur-ses-effets-indesirables
Tout d’abord, il faut bien comprendre que économiquement, il n’y a aucune différence entre les charges salariales et patronales [1,2]. Ce qui détermine le prix auquel est payé un certain travail sur le marché libre est conditionné par deux choses :
Ce sont ces deux données qui jouent un rôle lors de la formation des prix. La seule différence entre les deux concerne les contrats de travail déjà existants : si on augmente les charges patronales, les salariés déjà embauchés n’auront pas une diminution de salaire (mais ne sont pas prêts d’avoir une augmentation…). Par contre, à long terme les patrons reverront les salaires à la baisse pour les futurs employés, ou embaucheront moins.
Autre exemple, si vous vous assuriez à une assurance privée au lieu de la sécurité sociale, votre patron vous verserait les charges salariales et patronales qui servent à financer la sécurité sociale. Pour lui, le coût resterait identique.
Pour nous libertariens, rien de tout cela ne devrait exister, le salaire complet, c’est à dire le « coût employeur », devrait être versé directement au salarié. Libre à lui ensuite d’adhérer (ou non !) à une assurance maladie, qui peut d’ailleurs être la sécurité sociale existante ou une assurance privée. Pour la retraite, il peut choisir d’adhérer à une caisse de retraite par répartition (gérée par l’Etat ou privée), par capitalisation, ou encore placer son argent dans des actions, acheter de l’or… ou encore décider d’attendre plus tard dans sa vie pour mettre de l’argent de côté (on n’a pas forcément envie, ni intérêt, à mettre une partie de son salaire de côté quand on est en début de carrière, loin de la retraite, et avec un salaire faible !).
Pour les allocations familiales, il pourrait choisir de donner son argent à une association qui aide les parents, ou pourrait choisir de ne rien financer du tout car il pense que c’est à chacun de s’occuper de ses enfants. Pour les handicapés, chacun peut donner à une association la somme qu’il désire. Enfin, pour l’assurance chômage, il peut choisir de souscrire à une telle assurance, ou simplement mettre de l’argent de côté au cas où.
Les feuilles de paye contiennent souvent une liste de termes compliqués et pas forcément regroupés par thème. Ici, nous avons analysé une feuille de paye réelle, en partant du coût employeur (ce qui sort du compte de l’entreprise), puis en soustrayant chaque charge (patronale ou salariale) jusqu’à arriver au salaire net (ce que reçoit le salarié sur son compte). Le salaire net dans cet exemple est de 1672 € et le salaire brut de 2000 €.
Nous avons coloré de la même couleur les taxes selon ce qu’elles servent à financer, afin de voir clairement ce que coûte la sécurité sociale, l’assurance retraire, etc. Dans une deuxième tableau nous avons regroupé chaque type de dépense. Notons bien ici que tout cela est imposé au salarié, il n’a adhéré volontairement à aucun de ces services.
Comme on le voit, les prélèvement pour la retraite sont ici très élevés pour une cotisation par mois de 465 €, la sécurité sociale revient à 433 €, et les allocations familiales coûtent 119 €.
Dans une société libre, ce salarié aurait à la place reçu les 465 € de cotisation retraite (il aurait attendu plus tard dans sa carrière pour mettre de l’argent de côté), aurait adhéré à une assurance privée pour environ 350 € par mois [4] et aurait gardé ses 120 € d’allocations pour le jour où il a des enfants.
Une société « juste » du point de vue de la justice sociale est une société dans laquelle les inégalités sont limitées, ou alors sont « méritées » selon un standard décidé par l’Etat. Les partisans de la justice sociale considèrent alors qu’il est légitime d’utiliser l’Etat pour s’emparer de la propriété de certains individus pour la donner à d’autres afin de « redistribuer les richesses« .
La justice (tout court) à l’inverse consiste à protéger la vie, la liberté et la propriété des individus. Lorsque qu’un vol a été commis, la justice veut que l’on restitue son bien à son propriétaire. Et qui est donc est le propriétaire légitime ? C’est celui qui a soit créé le bien en question, ou celui qui l’a acheté à un propriétaire lui-même légitime.
Qu’est-ce que la redistribution des richesses du point de vue de la justice ? Ce n’est ni plus ni moins que le vol de certains individus par d’autres par l’intermédiaire de l’Etat. Que les lois soient votés par une majorité ne change rien à l’affaire, une mafia même composée d’une majorité d’habitants d’une ville n’est pas plus légitime pour voler. Comme le dit l’adage : « La démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner. La liberté, c’est un agneau bien armé qui conteste le scrutin. »
Si certains ont envie de partager leur revenu avec les autres ils en ont bien sûr totalement le droit, mais cela est entièrement différent d’utiliser l’Etat pour s’emparer par la force des biens des autres. Cela reviendrait aussi à supposer qu’ils ont l’obligation d’aider les autres, alors que chacun a le droit de vivre pour lui-même.
Ainsi toutes les différentes opérations de redistribution des richesses organisées par l’Etat sont illégitimes : allocations familiales, obligation d’adhésion à la sécurité sociale, RMI… L’Etat ne devrait s’occuper d’aucune redistribution et laisser les individus partager leur revenu s’ils le souhaitent.
Mais d’abord, que ce sont les OGM ? Pourquoi les utilise-t-on ? Quels sont les arguments des partisans d’une interdiction et en quoi ne sont-ils pas valables ?
Depuis des millénaires, l’homme a compris qu’il pouvait améliorer les espèces animales et végétales. En observant par exemple qu’un chiot hérite des caractéristiques de ses parents, l’homme a compris qu’il pouvait choisir quels animaux il voulait faire se reproduire en fonction des caractéristiques recherchés chez les enfants. C’est grâce à ce processus que nous avons obtenu les chiens de races, et de manière générale tous les animaux de la ferme sont le résultat d’une longue sélection (vaches, chevaux, poules, etc.).
Ce qui est moins connu, c’est que l’ampleur du phénomène est tout aussi importante chez les plantes. Par exemple, le choux, le brocoli, le choux-fleur et le choux de Bruxelles sont à l’origine une seule et même plante, le choux sauvage (ci-contre), et c’est la sélection opérée par l’homme qui a permis d’obtenir toutes ces variétés cultivées. Les différences sont tout aussi importantes pour la plupart des plantes cultivées, que vous ne reconnaîtriez pas si vous voyiez la forme originale.Un OGM (organisme génétiquement modifié) est un animal ou une plante dans lequel on a rajouté (ou enlevé) un gène de manière dirigée. C’est-à-dire qu’au lieu de laisser faire le hasard de la reproduction et de choisir les descendants qui nous plaisent, on met directement le gène qui nous intéresse. Cette méthode a aussi une propriété exclusive qui est de permettre d’insérer un gène venant d’une autre espèce. Par exemple le gène rajouté dans le maïs Bt vient d’une bactérie.
Les OGM sont régulièrement utilisés dans la recherche. Par exemple on utilise des souris génétiquement modifiées pour développer certaines maladies, afin ensuite de tester des traitements. Une modification génétique très courante consiste aussi, chez les plantes par exemple, à « effacer » un gène et voir ce qui arrive à la plante.
Intéressons-nous maintenant au sujet dont tout le monde parle : les OGM en agriculture. La modification génétique est une technique, l’effet dépend du gène précis que l’on rajoute ou qu’on enlève. Les plantes génétiquement modifiées peuvent par exemple être :
L’utilisation des OGM est possible dans le cadre du respect des droits de propriété et de la liberté de chacun, et leur utilisation est laissée au choix du consommateur qui choisit d’acheter les produits avec ou sans OGM. À l’inverse, leurs opposants ne se contentent pas de les boycotter et de faire de la propagande, mais souhaitent bien souvent imposer leurs convictions en en interdisant l’utilisation à tous. De nombreux mauvais arguments sont avancés, que nous allons discuter ici. Notons que je ne discuterai absolument pas de l’intérêt ou non des OGM, cela étant le choix de chacun d’acheter ce qui lui semble utile, mais simplement du bien-fondé d’utiliser la réglementation pour empêcher l’utilisation de cette technologie.
Si j’achète un produit quelconque en supermarché, et que quelques jours plus tard je suis malade à cause de l’inclusion d’un ingrédient poison, je suis en droit d’attaquer en justice le producteurs pour empoisonnement. Implicitement, lorsqu’on achète quelque chose vendu comme comestible, le contrat garantit qu’il ne s’agit pas d’un poison. Le contraire est une violation de la vie du consommateur.
À l’inverse, si je ne mange que des frites pour seul repas pendant des semaines et que je tombe malade suite à cela, je ne peux pas accuser le producteur de m’avoir empoisonné, car le danger vient de mon utilisation « inattendue ». De même, si je fume toute ma vie, je ne peux pas accuser le fabriquant de cigarettes de m’avoir empoisonné, car les effets du tabac étant connus, j’ai fais mon choix en sachant ce qui m’attendait.
Pour considérer qu’il y a violation de la vie de l’individu, il faut que le producteur ait soit sciemment vendu un produit toxique sans l’indiquer comme tel, soit que le producteur ignore la toxicité mais qu’elle est très facilement testable et on peut alors considérer qu’il a empoisonné son client par négligence. Par contre, il est impossible de demander à un producteur une garantie de non-toxicité à long terme. Les effets à long terme de n’importe quel produit ne peuvent pas être connus d’avance.
Dans le cas des OGM :
Un argument avancé pour l’interdiction des OGM est que les plantes OGM contaminent les champs voisins. Cette contamination a bien lieu, de la même manière qu’avec n’importe quelle plante, génétiquement modifiée ou non. Le problème avec cet argument est que si on doit considérer comme une violation de propriété la présence de « quelques » plants de la culture du champ voisin, alors tout agriculteur, qu’il produise des OGM ou non, viole la propriété de son voisin et « contamine » son champ. Ce phénomène n’est en rien spécifique aux OGM. Typiquement on considère alors qu’une contamination faible est tolérée (de l’ordre de 1% [6]). Demander une étanchéité parfaite de tous les champs serait impossible, et la demander seulement pour les OGM serait un biais purement arbitraire.
C’est probablement l’argument le plus stupide, qui consiste à dire « il faut interdire aux agriculteurs d’utiliser les OGM car cela va contre leurs intérêts ». Les agriculteurs, dans la chaîne de production, sont directement ceux qui font le choix. C’est donc bien eux qui déterminent si ce choix est leur intérêt ou non.
Un argument fréquemment utilisé est « les consommateurs ne veulent pas en manger majoritairement », mais en quoi le souhait d’une partie des consommateurs, même majoritaire, doit s’imposer à ceux qui souhaitent en manger ? De plus, les consommateurs ont parfaitement le droit de choisir les produits, et en ont bien la possibilité en pratique, les producteurs insistant bien sur le « garanti sans OGM » dès lors que le consommateur pourrait avoir un doute. Certains commerçants vont même jusqu’à garantir pour la viande qu’elle provient d’animaux qui n’ont eux-même pas mangé de plantes OGM. Pourtant, la viande d’un animal mangeant des OGM ne contient aucune trace de l’OGM, mais le consommateur peut par ce choix d’achat refuser les OGM, y compris pour l’alimentation animale. Le marché libre permet alors au consommateur d’exprimer son choix. Ces initiatives d’étiquetages n’ayant rien d’imposé par l’État, elles montrent clairement que l’action libre des producteurs permet de répondre aux attentes du consommateur.
On serait tenter de justifier un étiquetage obligatoire pour garantir la liberté de choix du consommateur. Mais ce n’est pas si simple. En effet qui décide de quelle information est pertinente pour le consommateur ? Le militant anti-OGM qui refuse la technologie par principe sera satisfait de l’information « OGM / pas OGM », mais un consommateur plus informé pourrait décider qu’il accepte les OGM type maïs Bt (par exemple pour limiter l’usage des insecticides) mais pas les OGM de type tolérance aux herbicides. Un autre pourrait n’accepter que les OGM ayant un intérêt pour sa santé, etc. Mais si on suit cette logique, on peut très bien être intéressé par la manière dont on été abattus les animaux, s’ils ont été élevés en plein air ou non, si les poules avaient des cages assez grandes. Pour les plantes on pourrait vouloir connaitre la quantité d’herbicides, la quantité de CO2 produite, etc.
Le nombre d’informations que au moins quelqu’un pourrait souhaiter est immense. Imposer par la loi l’ajout d’une information est une violation de la liberté de tous les consommateurs qui se fichent de l’information. En effet toute information a un coût, car le producteur doit être sûr de la validité de l’information.
La bonne solution, compatible avec la liberté de chacun, est de laisser faire le marché pour décider quelle information est pertinente ou non pour le consommateur. Ainsi, on observe par exemple que, sans obligation d’affichage, les informations suivantes sont volontairement fournies au consommateur sur certains produits (exemples parmi tant d’autres) :
La liberté d’étiquetage des producteurs, couplée à la liberté de choix des consommateurs, permet donc à chacun de faire ses choix en fonction de ses préférences.
[1] Image sous licence CC-BY-SA provenant de http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Brassica_oleracea0.jpg et mise en ligne par « MPF »
[2] Double-hélice d’ADN. Source : PDB (identifiant 1JDJ)
[3] Rapport 2012 de l’ISAAA (voir diapos)
[4] Round-up Ready System
[5] Image sous licence CC-BY-SA. Auteur : International Rice Research Institute (IRRI). Source : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Golden_Rice.jpg
[6] Dans l’Union Européenne : Plus précisément si on a un champ OGM et un champ non OGM, le producteur du champ non OGM pourra vendre sa production comme non OGM malgré une contamination par les OGM du voisin à condition qu’elle ne dépasse pas 0,9%.
[7] Source : http://www.glofish.com/
Beaucoup d’écologistes n’envisagent leur action que par l’imposition par la force des mesures qu’ils prônent et leur argumentation consiste à convaincre les autres – non pas d’agir en tant qu’individu libres – mais de voter des lois pour imposer à tout le monde le comportement en question. Les domaines où les écolo-étatistes cherchent à étendre leur influence étant nombreux, nous nous contenterons de parler de l’énergie dans cet article, mais d’autre articles suivront sur les sujets liés à l’écologie.
Évidemment les taxes occupent une place de premier plan. Taxe sur les produits pétroliers, taxe carbone, taxes sur l’électricité… Dans chacun de ces cas, l’État se mêle de décider à votre place quel type d’énergie vous devriez utiliser. Pour les libertariens, c’est chaque individu qui devrait choisir quelles sources d’énergie utiliser. Les prix non biaisés par des taxes ou des subventions représentent un accord libre entre vendeurs et acheteurs. Chaque taxe sur un type d’énergie est un vol des utilisateurs et des producteurs de cette énergie. Caque subvention à une énergie est un vol des autres individus en faveur des utilisateurs de cette énergie.
Dans une société libre, si un individu pense par exemple qu’il vaut mieux utiliser l’énergie solaire que le charbon, c’est à lui de supporter les coûts de son choix. S’ils pense que les autres devraient adopter son choix, c’est à lui de les convaincre que cela en vaut la peine.
Ainsi dans le domaine de l’énergie, nous devrions :
Des progrès ont malgré tout déjà été faits, avec la libéralisation du secteur de l’électricité et du gaz. Notons d’ailleurs que si aujourd’hui on peut choisir entre une électricité nucléaire, produite à partir du gaz ou encore 100% renouvelable, c’est bien grâce au marché libre.
L’intervention de l’État peut malgré tout être légitime, lorsqu’elle consiste à protéger des victimes avérés d’une pollution par exemple. Il s’agit alors en fait de rendre la justice. Par ailleurs, certaines questions restent ouvertes sur le nucléaire : Est-il vendu au coût réel, sachant qu’il n’y a pas d’assurance qui indemniserait les victimes d’un accident ? Cela serait probablement pris en charge par l’État, ce qui revient à faire payer l’assurance par tous (y compris ceux qui refusent l’achat de cette énergie).
Viennent ensuite les arguments sur la taxation des émissions de gaz à effet de serre. Il y a évidemment la controverse sur la cause humaine ou non du réchauffement climatique. Mais admettons que cette théorie soit avérée, cela justifie-t-il l’intervention de l’État ? À cela on peut faire deux réponses :
Dans la série « l’État agit contre votre volonté pour votre intérêt » vient l’argument de la dépendance énergétique : il faut taxer les sources d’énergies importées pour éviter que les gens ne deviennent trop dépendants (typiquement pour la TIPP par exemple). D’un point de vue libertarien, c’est à chaque individu de décider de quoi il est dépendant. Notons d’ailleurs ironiquement que c’est finalement l’État qui finit par être dépendant des recettes de la taxe, et donc de l’utilisation par les habitants de la source d’énergie !
Chacun devrait être libre d’agir pour l’amélioration de l’environnement, de la biodiversité, pour sa santé, etc. dans le respect des droits d’autrui. Le seul rôle de l’État devrait être de limiter les violations de la propriété avérées.
Au passage j’en profite pour signaler deux livres intéressants, traitant de manière générale d’écologie :
Précisons que l’on parle ici de « matérialiste » au sens commun (quelqu’un qui aime les biens matériels) et non au sens philosophique (tout n’est que matière, y compris l’âme).
Le libéralisme n’est pas une apologie d’un mode de vie matérialiste mais l’idée que chacun doit pouvoir vivre sa vie comme il le souhaite. Ainsi, qu’un individu décide de vivre avec un minimum de biens matériels ou au contraire qu’il soit un matérialiste rêvant de remplir sa baignoire de pièces d’or, cela est indifférent au libéralisme.
Pourtant, il existe tout de même un rapport entre richesse et libéralisme. En effet, une économie libérale est la manière la plus efficace d’augmenter la richesse. De fait, beaucoup de gens sont matérialistes et souhaitent donc augmenter la quantité ou la qualité des biens auxquels ils ont accès. C’est pourquoi certains prônent le libéralisme comme un moyen d’augmenter le niveau de vie général, ce qui est loin d’être un avantage négligeable.
Imaginons maintenant que tout le monde renonce aux plaisirs matériels et ne consomme que le strict minimum. Le besoin de main d’oeuvre serait alors réduit, mais cela ne serait pas un problème car chacun accepterait de travailler pour un salaire inférieur puisqu’il n’aurait plus besoin d’argent supplémentaire (il n’y aurait donc pas de chômage de masse, mais une baisse généralisée des salaires). Chacun travaillerait donc moins et aurait accès à moins de biens matériels. Cela serait une situation de décroissance, mais qui ne serait en rien incompatible avec le libéralisme car elle peut être atteinte par le libre choix des individus.
Remarquez que dans la phrase précédente nous avons dit « chacun accepterait de travailler pour un salaire inférieur », mais que dans la réalité, cela est interdit par la loi à cause du salaire minimum. Choisir de travailler moins pour gagner moins (de l’heure) est donc interdit, non pas par le libéralisme, mais au contraire par la réglementation (les libéraux sont contre le salaire minimum).
Un individu qui décide de vivre avec moins de biens, et en travaillant moins, ne viole absolument pas les droits des autres. Les partisans de la décroissance peuvent encourager les autres individus à adopter leur mode de vie. Cela est parfaitement compatible avec le libéralisme.
Mais dans la réalité, les partisans de la décroissance sous-entendent l’intervention de l’État pour provoquer la décroissance, et ainsi veulent forcer tout le monde à adopter leur mode de vie. Ainsi ils prônent taxes, réglementations, expropriations et autres atteintes à la liberté. Leur attitude est donc fondamentalement incompatible avec le respect des droits des individus.
Le libéralisme est le meilleur moyen pour permettre à chacun d’atteindre ses objectifs en respectant les droits d’autrui. L’augmentation de la consommation traduit alors la volonté d’un grand nombre d’individus d’augmenter leur bien-être matériel. Pourtant, le libéralisme n’oblige personne à adopter ce mode de vie, et respecte la liberté de choix de chacun, à condition que cela ne viole ni la liberté ni la propriété d’autrui.
En France, avant la Révolution, le droit de posséder des armes était un privilège des nobles. Avec la Révolution, le droit de posséder des armes est étendu à tous, et devient le moyen de protéger la nouvelle république. Les rédacteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ont considéré la possibilité de mettre un article pour indiquer que chaque citoyen a le droit de posséder des armes, comme dans le second amendement de la constitution des USA (1791). Mais ils ont considéré que c’était tellement évident que ça ne valait pas la peine de l’inscrire ! Et ajoutent qu’il s’agit de « l’un des principaux garants de la liberté politique et civile » [1]. C’est également ce droit qui est sous-entendu par le droit « de résistance à l’oppression » de l’article II de la DDHC.
Le port d’armes sera libre jusqu’en 1939, où le gouvernement décide de limiter le droit de posséder des armes, par peur d’une révolte future à cause de la guerre. Mais c’est l’occupant nazi et le régime de Vichy qui interdiront complètement les armes, et appliqueront cette interdiction en demandant que toutes les armes soient remises dans les mairies. Le but était bien évidemment d’empêcher la résistance.
Avec la libération, la loi appliquée par le régime de Vichy est abrogée. Le droit de détenir des armes est donc rétabli. Mais ce droit va peu à peu disparaître. En 1973, ce droit est supprimé pour toutes les armes à feu sauf les armes de chasse. À partir de 1995, les armes de chasse doivent faire l’objet d’une déclaration. Et enfin, à partir de 1998, même l’achat des armes de chasse n’est plus libre pour le citoyen ordinaire (et devient réservée aux tireurs sportifs et chasseurs).
Chaque individu a le droit de se défendre contre des agresseurs (légitime défense) ou contre un dictateur cherchant à s’emparer de leur liberté (résistance à l’oppression). Ainsi le droit de posséder des armes est fondamental, car il constitue le droit pratique d’un individu de défendre sa vie, sa liberté et sa propriété. Les libertariens diffèrent par contre sur leur point de vue vis-à-vis du droit de rendre la justice soi-même.
Plusieurs arguments sont également à considérer en faveur du droit d’acheter et posséder des armes :
Enfin, notons que ce sont souvent les pays les plus libres où le droit de porter des armes est le plus respecté, les dictatures ayant au contraire plus à craindre des citoyens armés pouvant se révolter. Par exemple, la Suisse, pas spécialement connue pour ses meurtres de masse ou son régimes autoritaire, a un taux très élevé de citoyens armés, car ceux-ci gardent leurs armes après leur service militaire (et peuvent être appelés à les utiliser pour défendre leur pays).
On entend parfois comme réponse aux arguments des libertariens, « mais alors, a-t-on le droit d’avoir des missiles nucléaires chez soi ? ». La réponse est alors qu’il s’agit dans ce cas d’armes de destruction massives, qui si elles étaient utilisées, feraient nécessairement des victimes innocentes. On ne peut donc pas les utiliser d’une manière qui respecte le droit à la vie des individus. Il faut donc établir une limite entre les armes qui peuvent raisonnablement être utilisés pour se défendre, et celle qui ne sont utilisables que pour des meurtres de masse.
Plus difficile de manière générale est la question de la légitimité des guerres, du fait des victimes innocentes, mais cela est un autre débat à part entière, qui fera l’objet d’un article futur.
En France aujourd’hui, c’est le système par répartition qui est utilisé, et par là on veut dire que lorsque vous travaillez, on vous oblige à cotiser pour le système par répartition organisé par l’État. Les partisans de ce système disent que c’est un système basé sur la solidarité. D’un point de vue libertarien, c’est un système basé sur le vol, car les cotisants n’ont pas le choix (ni de ne cotiser ou pas, ni de la société qui va s’en occuper, ni du niveau de retraite qu’ils souhaitent avoir, ni de l’âge de leur retraite).
D’habitude, quand on avance cela, les partisans de la « solidarité » forcée par l’Etat, invoquent l’argument selon lequel « vous êtes d’accord car vous votez ». Par là il faut comprendre que vous avez eu à un moment entre les mains une voix parmi des millions qui vous a permis de choisir un paquet de décisions dans laquelle se trouvait celle-là. Pourtant, même si le système par répartition était décidé par référendum, cela ne le rendrait pas légitime, car un groupe de personnes (même si c’est la majorité des habitants d’un pays) n’a pas le droit de commettre un vol (et même si elle demande à l’Etat de le faire pour elle à sa place).
Mais en fait, dans le cas présent, cet argument est encore moins valable. Examinons les deux présupposés du système. Lorsque participez à un système par répartition et que vous travaillez, vous payez pour les retraités actuels. Mais vous espérez aussi que d’autres payeront pour votre retraite quand vous serez vieux. Mais ceux-là sont-ils électeurs ? Absolument pas, ils ne sont pas encore nés. Le système par répartition suppose donc que des individus qui ne sont pas encore nés payeront votre retraire. En espérant qu’ils soient solidaires ? Non, en ayant prévu de les voler le moment venu, en les obligeant à payer les cotisations du système officiel.
Le système actuel est fondamentalement immoral d’un point de vue libertarien, puisqu’il est basé sur des transferts forcés (donc du vol). D’un point de vue libertarien, chaque individu est libre de choisir :
Notons enfin que la restauration de la liberté sur ces questions mettrait un terme aux débats sur l’âge de départ à la retraite, le niveau des cotisations, des pensions, etc. qui aujourd’hui s’imposent à tous les individus sans leur laisser de liberté.
La transition vers un système par capitalisation à partir d’un système par répartition a été réalisée avec succès au Chili, puis dans de nombreux pays. Plus d’information sur Wikibéral.
[1] http://www.contrepoints.org/2013/06/12/127564-retraites-pourquoi-la-jeunesse-devrait-se-revolter